Le patronyme qui fait le fil conducteur de cette généalogie est très répandu en Languedoc de Toulouse à Béziers et d'Albi à Carcassonne. Ancien nom de baptême aux origines wisigothes, il apparaît comme nom de famille vers 1100-1200. Citons par exemple : Maffre ERMINGAU, "parfait" de Béziers et poète, qui fut témoin de la chute de Montségur en 1244. Autre source de localisation : les toponymes, à ma connaissance il en existerait au moins trois : ARMINGARDE dans les Corbières, ARMENGAUD hameau de la commune de Ferrières (Tarn) et ARMENGAUTE non loin de Revel (Tarn).
Pour la présente étude, je n'ai pas encore retrouvé les ancêtres de Pierre ARMENGAUD (°ca 1650 +ca 1725) marchand du lieu d'Aupillac. A cette époque les villes de Mazamet et d'Aussillon, à quelques kilomètres à l'Est, regorgent de protestants du nom d'ARMENGAUD.
Aupillac est un hameau de l'extrême Est de la commune de Labruguière (Tarn), mais en distance plus proche du village d'Aiguefonde (Tarn). Les protestants de ce hameau convertis avant 1565 (familles BRAILH et BELLESAIGNE grands propriétaires à Aupillac, pour ne citer qu'eux) étaient plus tournés vers Mazamet ou Castres que vers Labruguière pour des raisons de confessions.
* * *
L'installation de Pierre ARMENGAUD, père
Sur le compoix de Labruguière de la fin du XVIe siècle la famille ARMENGAUD n'apparait pas à Aupillac. La première apparition est celle de Pierre ARMENGAUD en 1683 qui renouvelle le bail d'une métairie ayant appartenu à son beau-père Daniel DELMAS. Ce bien lui a été apporté en dot par sa femme Anne DELMAS. C'est d'ailleurs cette dernière qui se chargea de vendre une partie de la métairie à David BERNADOU de Mazamet en 1732, à la suite d'invraisemblables transactions. Elle dut vendre avec regrets ce bien qu'elle tenait de sa grand-mère Suzanne BRAILH épouse de Jean DELMAS. Il s'agit de la métairie d'En Béral, déformation d'En Brailh et de celle d'Aupillac. Elles formaient avant 1641 deux entités disctinctes : Aupillac à Jean BELLESAIGNE et En Béral aux héritiers BRAILH.
Pierre ARMENGAUD s'installe vers 1683 à Aupillac. Il est probable qu'il soit non seulement marchand mais aussi fabricant. Il faudrait pour cela retrouver le nom de la personne qui exploitait le moulin du Ruisseau d'Aupillac et pour quel usage (1). Toutefois la présence répétée de Thobie SALVETAT de St-Alby, riche marchand et lui aussi fabricant, dans plusieurs actes qui concernent la famille ARMENGAUD laisse à penser que Pierre ARMENGAUD commerçait des produits lainiers.
Pierre ARMENGAUD et sa femme Anne DELMAS choisirent de rester en France au moment de la Révocation, Comme beaucoup de protestants ils adoptèrent le double jeu qui consistait à professer secrètement leur foi ancestrale.
Ils eurent sans doute un ou deux enfants durant les périodes troublées qui précèdent la Révocation; et sept enfants qui furent baptisés catholiques devant les curés d'Aiguefonde :
1. Jeanne °12.1.1687
2. Pierre °26.3.1689
3. Elisabeth °24.8.1690
4. Jacques °12.4.1693
5. Marie °1696 +1707
6. Louis °2.4.1699
7. Jean °23.7.1702
Seuls vécurent au-delà du mariage Pierre, Louis et Jean. En 1725 lorsque Anne DELMAS fit son testament elle ne citait que Louis et Jean.
Entre 1702 et 1719, grand vide! Aucune trace de transaction, bail chez le notaire Landes qui pourtant traite tous les actes concernant des protestants autour de Mazamet et en particulier traitera tous les actes liés au commerce des ARMENGAUD de 1719 à 1745. Ce contraste d'une période à l'autre amène à penser qu'ils ont "changé" de notaire .
Pierre ARMENGAUD, le fils qui vient d'avoir trente ans, va se marier; il est installé marchand à Aiguefonde. Le 31 décembre 1719 devant Me Landes notaire de Mazamet il passe contrat de mariage. La future, Magdelaine BOURGUèS (fille de feu Pierre BOURGUèS et Marie BONNET(E) de Mazamet, marchands fabricants eux aussi) lui apporte la dot raisonnable de 800 livres en immeubles, 150 livres en meubles et 500 livres en marchandises. Sont présents Jean SALVETAT fils de Moise (Moïse SALVETAT frère cadet de Thobie SALVETAT dont il était question plus haut) et Jean SALVETAT fils de Thobie.
(1) Les moulins dits "foulons" actionnaient une mécanique qui battait les étoffes pour les feutrer. Voir les premiers chapitres du livre de Remy Cazals "Les Révolutions Industrielles", éd. La découverte, 1983.
Le mariage a lieu en mars suivant à l'église de Mazamet. Nous ignorons s'ils eurent des enfants.
Le père, âgé d'eviron 70 ans, et par conséquent soucieux à travers son fils aîné de faire marcher son commerce et subvenir aux besoins de sa femme et de ses deux autres fils, le charge de la gestion financière pour l'ensemble de la famille. Or son fils Pierre décède en 1722.
Louis ARMENGAUD
A cette époque Louis le second fils a appris le métier de perruquier, mais n'est pas encore émancipé (il n'a que 23 ans et n'est pas marié). Jean quant à lui apprend le métier de pareur (chez Pierre AZEMAR de Mazamet) et se trouve dans la même situation que son frère.
C'est avec ces reflexions préliminaires qu'il faut lire l'acte passé le 21 décembre 1722 chez le même notaire Landes (2). Il s'agit d'une donation de Pierre ARMENGAUD et d'Anne DELMAS à leur fils Louis.
"(...) le sieur Pierre Armengaud marchand d'Haupilhac et demoiselle Anne Delmas mariés habitant à présent Mazamet, lesquels désirant avancer l'établissement de Louis Armengaud perruquier leur fils, font donation (...) audit Louis Armengaud leur fils dûment émancipé devant Maître Debru magistrat royal de Castres (acte judiciaire du 17 courant ). . . "
Sitôt fait, fort de ses nouveaux droits sur les biens familiaux, Louis vend six récoltes à venir (été 1723 à été 1728) pour 900 livres à David Bernadou remboursant ainsi les dettes que la famille a contractées envers ce riche bailleur de fonds. D'autre dettes demeurent et de fâcheuses conséquences vont survenir. Le lendemain il achète une maison à Mazamet possédée par Jean Crozes facturier (3) habitant Augmontel et ayant appartenu à Etienne Crozes, tailleur d'habit.
On peut affirmer que ce jour-là la destinée des ARMENGAUD d'Aupillac fut définitivement scellée. Sans le savoir Louis entraînait sa mère et son jeune frère vers la ruine. Sans le savoir -peut-être pas- car de son côté il s'en sortait bien pour le moment tout en privant sa famille pour six ans de revenus de la métairie. Comptait-il sur la complaisance de son oncle David BERNADOU, pour tarder à rembourser les divers emprunts contractés? (depuis 1719 au moins, visiblement des capitaux ayant servi à établir le commerce de Pierre ARMENGAUD fils aîné qui mourut trop tôt pour les avoir remboursés; d'où aussi la hâte du père à établir cette fois sans emprunter, mais à quel prix, Louis, le perruquier).
(2) A.D. Tarn 3 E 9025, p. 261.
(3) Facturier : autre nom désignant un fabricant de draps.
Le père, Pierre ARMENGAUD meurt entre 1722 et 1725, ce qui amène sa veuve Anne DELMAS à dicter au notaire Landes son testament le 17 août 1725. Le partage est aussi simple qu'inégal : Louis héritier universel, aura la maison d'habitation, la métairie (toutes deux à Aupillac), la moitié des meubles, le lit conjugal avec ses rideaux de Cadix vert, la moitié de la vigne à la métairie d'Aupillac, la moitié de la vaisselle viniaire, la moitié des ruches à miel et 1000 livres que Louis avait déjà à sa disposition depuis 1722.
Jean héritera donc de l'autre moitié des meubles, la moitié de la vigne et des ustensiles vinicoles, la moitié des ruches plus une grange ("tinal" en occitan), une chambre touchant la maison d'Aupillac, enfin des patus (pâturages). Dans ce testament Anne DELMAS lui promet 1300 livres qu'elle rabaissera à 1150 livres lors de son mariage en 1726.
Jean ARMENGAUD
L'infortune de Jean n'est sans doute pas étrangère au fait qu'il se marie avant trente ans. Le 27 août 1726 il passa contrat, accompagné de sa mère, avec Elisabeth AZEMAR fille de feu Pierre AZEMAR facturier de Mazamet et d'Anne GLORIèS. Le frère d'Elisabeth AZEMAR, Antoine dirigeait alors la fabrique de son père Pierre AZEMAR. Par un acte ultérieur, on apprend ou on devine les rapports entre Jean et Antoine beaux-frères (transaction et quittance du 28.11. 1729).
Au bord du canal (le canal de la Nogarède?) la maison AZEMAR comporte au moins une boutique, une cave, une salle ou arrière boutique, servant, je pense, d'atelier et un grenier servant sans doute au séchage des draps. La boutique et la maison d'habitation servaient à Antoine AZEMAR. Derrière, vers le canal il avait loué pour deux ans et quatre mois à Jean ARMENGAUD une salle et le grenier où ce dernier pouvait fabriquer (à son compte puisqu'il se dit marchand et qu'on le sait pareur). La forme du loyer ne dut Pas plaire à Jean, il s'agissait pour lui de payer la moitié des tailles et censines de l'entière maison. Après recours devant le juge de Puylaurens, Antoine AZEMAR obtint gain de cause.
On se souvient que la métairie des ARMENGAUD ne leur rapportait rien depuis 1722 puisque Louis en avait vendu les récoltes à son oncle David BERNAD0U. La récolte de 1729 put enfin représenter un bénéfice pour les ARMENGAUD.
Cela ne devait pas durer. Anne DELMAS n'ayant entre temps jamais remboursé David BERNADOU (pis encore elle avait contracté d'autre emprunts) ne put faire face aux échéances de ses créanciers. Au bord de la faillite générale, elle fait ses comptes et trouve qu'il lui faut rassembler sans délai 4000 livres. Ne sachant écrire elle charge Louis de le faire en mars ou avril 1732.
En effet étant réputée nouvelle convertie elle ne peut vendre librement ses biens fonciers sans autorisation préalable (4). Louis écrit donc "A Monseigneur le comte de Saint-Florentin secrétaire d'Estât" qui doit recevoir cette lettre en avril. Il donne une réponse positive le 4 mai à l'intendant de Languedoc de Bernage, lequel le 3 août suggère à Saint-Florentin que le prix de 4000 livres dépasse le montant des dettes (il les estime à tort à 2000 livres, même si les ARMENGAUD ont dû gonfler la somme et surévaluer la métairie dans un mémoire joint à la lettre, qui n'a pas été conservée; en fait les créances totales avoisinent 3500 livres) il propose donc de faire surveiller les bénéfices de la vente pour "prévenir le mauvais employ qu'elle pourroit en faire".
Saint-Florentin répond par un brevet du Roy fait à Marly le 30 août 1732 signé Phélipeaux et Louis (i.e. Louis XV). L'intendant de Bernage le reçoit le 2 septembre suivant. L'on constate que les courriers du Roi ne traînent pas entre Paris et Montpellier.
Bien que le brevet du Roi permette à Anne DELMAS de vendre à 4000 livres, il n'en sera rien. La liquidation des créances d'Anne DELMAS envers son beau-frère ressemble bien à un marché de dupes! David BERNADOU principal créancier se porte acquéreur de la métairie. Il est accompagné de deux experts de Mazamet qui estiment cinq lots de cette métairie à 1080 livres. On est loin des 4000 livres annoncées par Louis. Cela conduit même Anne DELMAS et Louis ARMENGAUD à débourser quelques 180 livres (en papier monnaie) pour régler la fin de leurs dettes.
De deux choses l'une : soit le marché ne porta que sur une petite portion de la métairie, soit BERNADOU imposa son prix par l'intermédiaire d'experts à sa botte. Toujours est-il qu'il laissa sa belle-soeur exsangue et incapable de s'acquitter des sommes qu'elle avait promises à son dernier fils Jean (quant à Louis il avait déjà entamé son héritage par l'achat de sa maison à Mazamet en 1722). La suite de cette fastidieuse affaire est assez logique. David BERNADOU resta un riche marchand, malgré sa fin tragique, son plus jeune fils Jacques BERNADOU comptera à la fin du XVIIIe siècle parmi les puissants de Mazamet.
(4) A.N. TT 86 et Landes notaire, A.D. Tarn 3 E 9030, fonds Cormouls. De l'échange de la lettre entre St Florentin et Bernage, nous n'avons malheureusement que celle de l'intendant de Bernage.
Louis ARMEHGAUD épouse en 1731 Marie AVEROUS fille de Pierre AVEROUS et d'Elisabeth FALGUIèRE de Mazamet (avec une dot de 900 livres). Ils eurent au moins :
- Joseph né vers 1735
- Louis né vers 1745
- Marie qui vit en 1767
Louis ARMENGAUD dut acquérir une bonne renommée dans Mazamet puisque vers 1760 il est dit chirurgien. Certes pas médecin, mais au moins daignait-on avoir recours à lui pour une saignée ou un lavement.
Par les mariages de ses deux fils, on peut voir qu'il devait fréquenter les bonnes familles de Mazamet. Sa descendance sera développée plus loin.
Jean ARMEHGAUD, après la fin de son séjour houleux chez son beau-frère AZEMAR, retourna sans doute habiter Au- pillac, où le hameau voisin Le Reclot (5). A partir de 1761 il demeure à Aupillac définitivement.
Rejeté en quelque sorte du clan déjà fermé des riches manufacturiers de Mazamet, il restera proche des réseaux de relations déjà tissés par son père avec les GALIBER et SALVETAT qui tenaient la manufacture du Moulin bas de St Alby.
Sauf en 1744, lors d'une quittance (6) entre d'une part les deux frères et d'autre part noble Jean-François DEBISSOL de SAINT-JUST, habitant Labruguière, et Jean CAVAILLèS, Louis et Jean ne traitent plus rien ensemble. Conservant pourtant chacun des intérêts à Aupillac, tout porte à croire qu'ils appartenaient déjà à deux mondes distincts. La descendance de Jean sera développée plus loin.
Descendance de Louis ARMENGAUD perruquier
Bien que résidant à Mazamet, Louis ARMENGAUD "bourgeois d'Aupillac" conserve dans ce lieu une part de l'ancienne métairie de sa mère. Des trois enfants qu'il eut de Marie AVEROUS sa femme, nous ne connaissons que les destins de Joseph (la.) et de Louis (Ib.)
Ia. Joseph ARMENGAUD °ca 1735 +1.8.1813 à Aupillac. Marchand fabricant à Mazamet, à Aupillac à partir de 1781. Il se marie une première fois au désert (à Mazamet) le 2.5.1767 avec Louise BARTHèS °20.3.1740 fille de Jacques BARTHèS facturier au Plo et de Jeanne CORDES. Ils eurent six enfants :
(5) En 1757 il est pareur, habitant le lieu du Reclot.
(6) Louis lui rembourse 438 livres 12 sols, est-ce là le reliquat de la succession d'Anne DELMAS?
1. Marie °16.3.1768 b. au désert (Vabre)
2. Charles Joseph °22.7.1769 b. 24 au désert (Mazamet)
3. Anne °18.10.1772
x1° Louis ARMENGAUD, son oncle(cf.Ib.)
x2° N. MARCELIN (d'après Gaston Tournier)
4. Joseph °11.7.1774, qui suit en II.
5. David °5.3.1777
6. Marie °9.4.1780
x1° 24 floréal an III à Aiguefonde Abel MARAVAL cordonnier à Terre Clapié (près d'Albi) de père inconnu et de Catherine MARAVAL
x2° N. MONTéGUT (d'après Gaston Tournier)
Il épouse en secondes noces le 29.7.1783 au désert (Mazamet) Louise GAU fille de Jacques GAU fabricant et de Louise BARTHAS. Ils eurent au moins trois enfants :
7. Jacques ARMENGAUD °2.5.1784
x 1814 à Aiguefonde Catherine BONHOMME, d'où :
- Marie ARMENGAUD °9.9.1815 à Aupillac
x 2.10.1837 à Aiguefonde Pierre NEGRE °17.11. 1808 à la Vignière (Mazamet), cultivateur à Calmon (decsendance inconnue).
8. Suzanne ARMENGAUD °21.1786 +1859
x 5.10.1809 à Mazamet Jacques Antoine RAYNAUD brassier (descendance inconnue).
9. Jeanne ARMENGAUD °ca 1790
x 13.10.1810 à Aiguefonde Jean OULèS, cultivateur à la métairie des Vergnières (Aiguefonde, voisine d'Aupillac) fils de Jacques OULèS et de Marianne JULLIE (descendance inconnue).
Ib. Louis ARMENGAUD °ca 1745 + après 1795.
Il s'engage à 16 ans en 1761, comme soldat au régiment des Chasseurs-dragons du Languedoc, en 1778 il déserte et bien que jugé par contumace, il réapparait à Mazamet en 1785. Il épousera successivement :
x 1° au désert à Mazamet le 20.9.1785 Elisabeth PUECH-La Molière fille de François PUECH-La Molière et d'Elisabeth d'AUBIAN, de Mazamet. (En 1785 Louis ARMENGAUD se dit bourgeois de Mazamet).
x2° à Castres le 22 floréal an IV Anne ARMENGAUD °18. 10.1772 à Aupillac, sa nièce, c'est-à-dire la fille de son frère Joseph. Elle a alors 24 ans et Louis 58 ans et réside à Castres, quartier du Mail.
II. Joseph ARMENGAUD "11.7.1774 Aupillac y +31.7.1854, fils de Joseph et de Louise BARTHèS. Fabricant comme son père il n'eut de sa femme que des garçons. Lorsque l'on connait les pratiques matrimoniales du XIXe siècle (pour simplifier, "caser ses filles et bien marier ses fils") on imagine le désespoir pour le père de savoir qu'il lui fallait rechercher six "bons partis". Ce problème fut réglé plus simplement : les deux aînés se marièrent et les derniers restèrent célibataires. Il eut donc de son épouse Anne BENEZECH °26.6.1784 Aiguefonde, fille de Pierre BENEZECH et de Suzanne SARRAT, habitants d'Aiguefonde :
1. Joseph °ca 1802, qui suit en IIIa.
2. Pierre °11 frimaire an XIII à Aupillac, qui suit en IIIb.
3. Jacques °1.4.1808, célibataire
4. Frédéric °12.6.1811, célibataire
5. Alphonse °ca 1812, célibataire
6. Jean Abel °29.9.1813 à Aupillac +21.1.1890 inhumé au cimetière consistorial d'Aiguefonde à côté d'un autre de ses frères célibataires dont le prénom n'est plus lisible. Les deux tombes portent la mention "Ses héritiers reconnaissants" mention qui se passe de tout commentaire!
IIIa. Joseph III ARMENGAUD, fils de Joseph II et d'Anne BENEZECH, °ca 1802, négociant à Aiguefonde. x 24.12. 1827 à Caucalières (qui dépendait alors d'Aiguefonde Elisabeth ANDRIEU fille de Jacques ANDRIEU fabricant à Caucalières et de Jeanne RODIé. Ils eurent sept enfants tous fixés à Mazamet.
1. Emile Joseph ARMENGAUD °3.4.1829 à Aiguefonde +ap. 1874, voyageur de commerce puis négociant à Mazamet. x11.10.1857 à Carcassonne, Jeanne Epiphanie BARBE, fille de Jean BARBE, aubergiste à Carcassonne et de Marie MARTY, d'ou:
a. Emile Saint Cyr ARMENGAUD °2.2.1866 à Mazamet (destin inconnu)
b. Gustave ARMENGAUD °6.10.1857 à Mazamet x 16.4.1904 à Nîmes Césarine Marie Ricard (descendance inconnue)
c. Elise ARMENGAUD °16.1.1872 +30.7.1873 à Mazamet
d. Jeanne Elisabeth ARMENGAUD °22.3.1874 à Mazamet (destin inconnu)
2. Anna Irma ARMENGAUD °1831 +1858 x 27.1.1850 à Aiguefonde Jules Antoine CABROL (7), (descendance inconnue)
3. Pierre Saint Cyr ARMENGAUD °23.5.1832 à Aiguefonde + ap 1874 x Marie ANDRIEU (une cousine?), d'où au moins une fille :
a. Irma Louise ARMENGAUD °27.3.1874 +16.7.1874 à Mazamet
4. Jeanne Elisa ARMENGAUD °2.5.1833 à Aiguefonde +11.8.1899 à Mazamet, inhumée au cimetière consistorial de Mazamet à côté de David ALBA La Source. x 23.9.1851 à Aiguefonde Moise ALQUIER- GRIFFOULET °15.7.1807 à Mazamet y +15.4.1891, fabricant rue du Moulin (8), fils de Pierre David ALQUIER-GRIFFOULET et de Marie ROUCAYROL (frère d'Elisabeth Marie Eugénie ALQUIER-GRIFFOULET directrice du Refuge protestant de Mazamet et de Jean ALQUIER-GRIFFOULET °1824 +1903 x Célina GARRIC qui sont les arrière-grands-parents de Françoise CANDAU, membre du C.G.P.), d'où postérité à Réalmont (Tarn).
5. Julia ARMENGAUD °22.2.1835 à Aiguefonde x Emile 0L0MBEL originaire de Mazamet fils d'Isaac Gentil 0L0MBEL et de Rosalie BERNADOU, d'où :
a. Jules OLOMBEL x Jeanne LOUBIé fille de Jacques LOUBIé et de Mélanie CHABBERT
b. Jules OLOMBEL x Julie ou Juliette RAYNAUD, d'où trois enfants dont
- Thérèse OLOMBEL x Arthur ESCANDE (descendance ESCANDE, ROQUE, MEUNIER)
c. Berthe OLOMBEL x Alfred BORRIE, d'où :
- Marguerite BORRIE "avant 1901
6. Mélanie Celina ARMENGAUD °18.4.1837 +1868 x Célestin CROS de Mazamet, fils de Célestin CROS et d'Octavie RIVES. Ils eurent :
a. Célestine CROS +28.3.1932 à Mazamet, x Charles CABIBEL °20.2.1854 à Mazamet, fils de Jacques CABIBEL pharmacien et de Marie DECAZIS (sans doute la fille du médecin DECAZIS de Mazamet), d'où postérité CABIBEL à Castres et dans le Gard (9)
(7) Jules Antoine CABROL est sans doute le même que celui qui se remarie le 6.4.1864 à Mazamet avec Marie Irma ALQUIER-GRIFFOULET autre soeur de Moise ALQUIER-GRIFFONULET. Il serait alors fils de Jacques CABROL et d'Adeline LOUBIé.
(8) M. ALQUIER-BOUFFARD a donné une bonne généalogie ALQUIER-GRIFFOULET dans les Cahiers 15-16 du Centre de Généalogie Protestante (1981).
b. Béranger CROS x Mélanie BOUCOIRAN (d'après Gaston Tournier)
7. Jean ARMENGAUD °22.1.1839 resté célibataire comme ses oncles que nous avons évoqués plus haut.
IIIb. Pierre ARMENGAUD °13 frimaire an XIII à Aupillac, employé de fabrique, x 1835 à Aiguefonde Marie Zulma IZARD, fille de Pierre IZARD fabricant à Calmon (10) et de Marie GUILHOU. Il dut acquérir une belle fortune, voire créer sa propre fabrique. C'est lui qui ouvrit le caveau "Famille ARMENGAUD" au cimetière de Mazamet, entouré des plus riches familles d'industriels protestants. Il eut au moins trois fils :
1. Pierre Félix, qui suit en IV
2. Eugène, né entre 1837 et 1849, resté célibataire
3. Elie ARMENGAUD °17.5.1850 +5.6.1923 inhumé au cimetière protestant de Castres. x ca 1880 Alida HERAIL °1850 +1930. Probablement établis à Castres, ils eurent six enfants d'après Gaston Tournier dont :
- Albert °1882 +1966 X Hélène MAGADOUX °1887 + 1959
- André °1887 +1907
inhumés avec leurs parents à Castres.
IV. Pierre Félix ARMENGAUD °27.3.1836 à Aiguefonde + début 1908 à Mazamet, commença comme voyageur de commerce pour le compte d'une maison de Mazamet (peut- être la Maison Guilhou). Vers 1875 (11) il se mit à son compte et fit marcher une usine de délainage (usine du Près du Pont à 3 ou 4 km en aval de Mazamet sur l'Arnette). En 1878 il participa avec d'autres industriels à l'exposition de Mazamet. Lorsqu'il mourut en 1908 c'est son beau-fils Philippe RIVES (frère de Louise RIVES citée plus bas) qui lui succéda. Actuellement la raison sociale Philippe RIVES existe toujours à Mazamet. x 22.11.1860 à Mazamet
Anna Sophie Emilie GUILHOU, fille de Noé GUILHOU négociant d'Hautpoul et de Jeanne MOLINIER. (Jeanne MOLINIER était la belle soeur de Landry GARRIC d'Aussillon, un des précursseur de la technique du délainage qui fut une spécialité mazametaine dans l'industrie textile à partir de 1851). Ils eurent :
(9) Cf. Généalogie de Gaston Tournier (B.SHPF).
Cf. Généalogie CABIBEL dressée en 1985 par Paul Romane Musculus pasteur de Toulouse (B. SHPF GDRM 93).
(10) Lieu-dit voisin d'Aiguefonde.
(11) Rémy CAZALS "Les Révolutions Industrielles à Mazamet".
1. Pierre Edouard ARMENGAUD °17.3.1868 à Mazamet +1893; désigné successeur de son père il mourut avant lui. x 15.9.1892 à Mazamet Louise Bélie RIVES fille de Yorick RIVES (riche industriel de Mazamet dirigeant depuis 1868 l'usine de délainage appelée cayenne où son fils Philippe et son petit-fils André RIVES (°1904 +1985) lui succédèrent), et de Noémie RIVES (12), D'où une fille unique :
- Renée ARMENGAUBD °1893 à Mazamet +1988 à Brassac, x 1917 André VEAUTE fils d'Arthur VEAUTE et d'Amélie AZAIS, originaire de Brassac qui eurent trois garçons et une fille, dont :
- Robert VEAUTE (dit Bibiche) récemment décédé et dont la mémoire est encore vive à Brassac
- Thérèse VEAUTE, viticultrice près de Carcassonne x Gérard de WATTEVILLE, qui ont une fille, Agnès de WATTEVILLE
2. Charles Noé ARMENGAUD °29.12.1869 à Mazamet, garçon fort turbulent au goût de son père qui le déshérita au profit d'Edouard. Charles aurait définitivement acquis sa réputation de "voyou" dans le monde mazametain en épousant sa cuisinière. Il eut au moins un fils qui eut lui-même des enfants. Sa descendance s'est fixée dans l'Aude. Il s'agirait des seuls ARMENGAUD de la ligne du perruquier Louis ARMENGAUD.
3. Anna Emilie Noémie ARMENGAUD °26.8.1871 +27.4. 1872.
Descendance de Jean ARMENGAUD, pareur et marchand à Aupillac
I. Jean ARMENGAUD et Elisabeth AZEMAR eurent :
1. Anne ARMENGAUD x par contrat du 5.11.1757 (Marc Boulade notaire à Aiguefonde) Jean-Jacques CARCENAC (ou CASSENAC) pareur habitant de Labruguière, veuf (depuis environ deux ans d'une Cabille (sic) fils de Jacques CARSENAC et de Nadale SEIGNOURETTE. Première fille à se marier à ma connaissance, elle apporte une dot ridicule mais soignée. Nous l'avons vu, Jean ARMENGAUD n'est pas riche, en voilà confirmation : la dot est constituée par 100 livres que Jean s'engage à lui payer dans 4 ans ce qui l'oblige à s'endetter une fois de plus (13), 1 petit cabinet pour s'habiller, 4 linceuls, 12 serviettes, 1 nappe, 1 coffre, des robes bagues et joyaux qui sont déjà à sa disposition, l'ensemble estimé à 35 livres. Leur descendance m'est inconnue.
(12) La généalogie RIVES a été aussi dressée par Gaston Tournier en 1901.
(13) Il contracte 99 livres de prêt sans intérêt sur 4 ans à Jacques Bonnet cordonnier de Mazamet. Insolvable en 1761, Jean ARMENGAUD se verra contraint à huit jour¬nées de corvée (fossoyeur chez François Pouzenc au Reclot). Source: obligation ARMENGAUBD-BONNET du 3.6. 1761, Marc Boulade notaire, A.D. Tarn.
2.Jean-David ARMENGAUD ° ca 1730/35 + avt 1803, fabricant à Aupillac, habite ensuite à St Alby. Contrairement aux ARMENGAUD, il semble qu'il se soit converti au catholicisme. Il fut sans doute traité en paria par les protestants d'Aiguefonde, Aupillac St Alby, ce qui expliquerait les alliances inhabituelles que contractèrent son fils et son petit-fils et la condition misérable du dernier. Il faut rappeler que les protestants même les moins riches, sauf cas rarissime étaient au moins tisserands ou fileurs pour le compte d'un fabricant ou bien agriculteurs ou artisans. En janvier 1762, ayant fait un enfant à Marie GALIBER sa cousine éloignée il se devait de l'épouser avant qu'éclate le scandale. Les pasteurs du désert ne devaient pas être en tournée à ce moment-là (pourtant certains de ses congénères faissaient parfois 20 ou 40 kilomètres pour aller en trouver un dans les Monts de Lacaune) ou bien était-il impressionné par le sort qui était réservé à certains autres de ses coreligionnaires qui avaient été jetés en prison ou spoliés de leurs biens pour s'être mariés au désert ? Rappelons aussi qu'Aiguefonde venait d'être le témoin de faits tragiques en décembre 1761. La fille du géomètre Sirven avait été retrouvée morte au fond d'un puits. Le père soupçonné d'empêcher la conversion de sa fille (régulièrement envoyée dans des couvents par l'Evêque de Castres) fut déclaré coupable de cette mort et condamné à mort. Il s'enfuit à Genève avec sa famille, prévint Voltaire qui traitait alors une affaire similaire (l'affaire Calas). Entre temps le curé d'Aigue- fonde, Guillaume Bel, qui n'était pas étranger à la condamnation de Sirven, maria le 23 mai 1762 Jean David ARMENGAUD et Marie GALIBERT fille de Pierre GALIBERT facturier de St Alby et d'Etiennette AZEMAR (°1735). Ils eurent :
(13) Il contracte 99 livres de prêt sans intérêt sur 4 ans à Jacques Bonnet cordonnier de Mazamet. Insolvable en 1761, Jean ARMENGAUD se verra contraint à huit journées de corvée (fossoyeur chez François Pouzenc au Reclot). Source: obligation ARMENGAUBD-BONNET du 3.6. 1761, Marc Boulade notaire, A.D. Tarn.
- Pierre ARMENGAUD °5.9.1752 à Aiguefonde +28. 1.1732 à Aussillon, garçon meunier à Mazamet en 1803. x 22.3.1803 à Aussillon Elisabeth BESSIèRE °23.2.1777 à Rigauton +10.5.1846 à Mazamet, d'où :
- Jean ARMENGAUD °27.10.1808 à Aussillon +27.10.1872 à l'hôpital civil de Mazamet rue du Galinié, qui fut porte-faix à Mazamet x 1° Suzanne REY +25.9.1856 à Aussillon; x2° 1864 à Mazamet Virginie VESSIERE, journalière à Mazamet °26.1. 1835, d'où :
- Marie Cécile ARMENGAUD °23.11.1860 à Mazamet
- Marie Julie ARMENGAUD "22.1.1864 à Mazamet +7.10.1955 à Béziers
- Jean ARMENGAUD °20.8.1764 +6.9.1765
- Jean Joseph ARMENGAUD °22.6.1766 (destin inconnu )
3. Jacques ARMENGAUD, qui suit en II.
4. Pierre ARMENGAUD °ca 1745/50 +ap 1785, pareur à Aupillac, probablement établi à son compte à Aiguefonde après 1777 comme fabricant (14). Célibataire .
II. Jacques ARMENGAUD, marchand fabricant d'Aupillac (15) °ca 1644 + 28.2.1816 à Aupillac.
x1° au désert (Mazamet) pasteur Crébassac 28.8.1771 Esther LADES fille de feu Bernard Pierre LADES marchand perruquier de St Alby, originaire de Castres et d'Elisabeth BRUGUIèRE. N'ayant pas retrouvé le contrat de mariage à Mazamet, je pense qu'il se fit devant un notaire de Castres puisque les deux parents de l'épouse étaient originaires de cette ville. Esther LADES descendait des "meilleures" familles de St Alby et Mazamet; son oncle Jean David BRUGUIèRE de Castres avait épousé une GUIBAL de Castres, sa tante Marie BRUGUIèRE qui avait émigré en 1752 (après la faillite de son mari) avait épousé Mathieu BELLESAIGNE fils d'un avocat de Castres et riche propriétaire à Aupillac depuis le XVIe siècle. Il serait donc intéressant de retrouver ce contrat de mariage. Ils eurent :
(14) Le 9.7.1777, Jean ARMENGAUD son père l'émancipé par acte passé devant Me Landes notaire à Mazamet.
Le 11.9.1777 Pierre ARMENGAUD, seul cette fois, achète à Pierre Marianne d 'Espérandieu, une chambre attenante à la maison de Dorothée Jeansac, veuve Bardou, située à Aiguefonde. A cette époque il se dit marchand fabricant d'Aiguefonde (Pierre Marianne d 'Espérandieu frère du seigneur d'Aiguefonde).
(15) En 1778 il est fabricant avec son fils au lieu des Escoussens. Sans doute sont-ils hébergés un temps dans le château des Escoussens que Joseph LADES a acheté en "bien révolutionnaire".
1. Jean-Jacques ARMENGAUD, qui suit en III.
2. Joseph Pierre Louis ARMENGAUD °3.10.1774, b. au désert (Mazamet)
3. Charles Bernard ARMENGAUD °4.8.1776, b. au désert (Mazamet le 6.8.). Son parrain est Charles BERNADOU que nous reverrons plus loin.
Esther décède en février 1777.
Jacques ARMENGAUD x2° en 1781 à Castres (N.D. de la Platé) Marguerite SATGé fille de Pierre SATGé teinturier et de Marguerite VERDIER. Ils eurent trois enfants tous baptisés par des pasteurs du désert à Mazamet :
4. Jean °Aupillac b.23.5.1782
5. Jean-Pierre "Aupillac 7.4.1784, b. le 8
6. Suzanne °Aupillac 16.5.1785, b. le 18
III.Jean Jacques ARMENGAUD fils de Jacques et d'Esther LADES, °5.8.1772 à Aupillac +31.10.1832 à Mazamet. Par sa vie mouvementée et les campagnes napoléonniennes qu'il fit en tant que sapeur, Jean Jacques ARMENGAUD fut sans doute un "drôle de personnage". Son passé de militaire dût aussi créer des affinités entre lui et Jean Louis ALQUIER dont il va être question plus loin. Le premier a parcouru l'Europe d'Ouest en Est, l'autre la France du Nord au Sud si ce n'est plus. Le registre militaire de son régiment permet de savoir un peu à quoi il ressemble physiquement : il mesure lm67, de visage ovale, un front ordinaire (16), yeux gris, nez petit, bouche petite, menton rond, cheveux bruns, sourcils bruns. De 1798 à 1820 Jean Jacques ARMENGAUD sera invariablement fabricant à la différence de ses ancêtres qui répondaient selon le cas marchand, fabricant, négociant ou facturier. Au moment de son premier mariage il "fabrique" avec son père aux Escoussens. x1° 16.1.1798 à Mazamet Suzanne BERNADOU °8.7.1778 à Mazamet +1854, fille de Charles BERNADOU (17) (que Jacques ARMENGAUD avait choisi comme parrain de son fils Charles Bernard en 1776) et de Madeleine BERRAUD ou BERREAU. De ce mariage naquit :
(16)Pour cette spécification on trouve "front couvert" chez d'autres conscrits.
(17) Charles BERNADOU n'est autre que le petit-fils de David BERNADOU, lui-même beau frère d'Anne DELMAS évoquée plus haut. Après la condamnation aux galères de David BERNADOU et Pierre BERNADOU père et fils, leurs biens respectifs furent confisqués en 1745 pour cause d'assemblée au désert. La femme de Pierre et ses trois enfants vécurent dans la misère, d'après Gaston Tournier. En revanche Jacques BERNADOU le plus jeune frère de Pierre dut conserver une bonne situation, quant à la descendance de ce dernier, elle figure parmi le dessus du panier de Mazamet au XIXe siècle.
1° Charlotte ARMENGAUD °23.9.1799 à Mazamet. Nous pensons qu'elle ne vécut pas. En 1811 il n'en est plus rien dit.
Conscrit de l'an VIII, il remplace le conscrit Louis VAUTE le 4 floréal an XII (24.4.1804), il est affecté au 1er régiment de Sapeur du génie. Entré comme sapeur de 2e classe, il passe rapidement 1ère classe puis caporal. Comme motif de démobilisation, on apprend qu'il fit les campagnes de Prusse, Pologne et Poméranie suédoise (1806-1808) et celle d'Autriche (1809) qu'il était au siège de Estralsund et à celui de Wagram. De retour à Mazamet en 1810 ou 1811 (il est démobilisé le 1er novembre 1810) on lui fait savoir les différents scandales que sa femme adultère a causé durant son absence. La légèreté de ses moeurs doit être connue de tout Mazamet, elle a été dénoncée par un mendiant. Jean Jacques ARMENGAUD veut sauver sa réputation. Il entame donc une procédure de divorce, tambour battant; un an après sa démobilisation tout est déjà réglé (18). Le jugement en première instance demandait la condamnation à 18 mois de réclusion dans une maison de correction (et les frais du procès) pour la femme adultère, que l'arrêt en cour impériale ramènera à un an de réclusion. J'ignore si Suzanne BERNADOU subit effectivement cette peine. Lorsque devant l'officier de l'état civil le divorce se trouve définitivement acquis et effectif, Jean Jacques ARMENGAUD laisse déborder son triomphe. Des onze signatures que j'ai pu relever de sa main, celle qu'il produit ce jour-là est la plus nette, la plus ferme mais aussi la plus paraphée. Visiblement, il a gagné, sauvé sa réputation, vengé son honneur, coupé court à la rumeur et plus simplement il se débarasse d'une femme turbulente devenue indésirable.
(18) - Jugement du tribunal de première instance de Castres, 9.7.1811
- Arrêt de la Cour impériale de Toulouse du 3.9.1811
- Arrêt de divorce (Etat civil de Mazamet) du 12.10. 1811
Sa femme déchue, se remariera encore deux fois en 1814 avec N. BACOU et en 1819 à Mazamet avec Pierre BLANC. Elle meurt à Mazamet en 1854.
Depuis sa démobilisation Jean Jacques ARMENGAUD est en convalescence à Mazamet puis à l'hospice de Castres. Blessé, mutilé ? A 39 ans il est tout de même assez solide pour continuer son ancien métier de fabricant. Sans doute par l'intermédiaire du menuisier d'Aussillon Jean Baptiste DEZESSART oncle de sa future épouse, il fait connaissance de Jean Louis ALQUIER d'Anglès (Tarn), garde forestier à cheval, qui tient aussi une auberge à Anglès. Jean Louis ALQUIER est plus âgé que lui de douze ans, a déjà sa vie derrière lui. Il fut d'abord maréchal des logis dans le régiment des Chasseurs-dragons du Languedoc de l'âge de 19 ans jusqu'à 35 ans. Il a traversé Paris pendant la Révolution et est revenu au pays. Dans le clan des Républicains d'Anglès, il obtiendra la charge de juge de paix, tout en continuant de faire le métier de ses ancêtres aubergistes. Sa fille aînée vient d'avoir vingt ans. Quoique régulièrement payé par son emploi de garde forestier, il n'est pas riche, mais il a de solides appuis au sein de la commune. Il ne fait pas de doute que c'est lui qui se charge de trouver à son futur gendre les moyens pour qu'il puisse venir pratiquer son métier à Anglès. Accord conclu, après contrat du 13 septembre 1814 devant Me Jean Alba-La Source notaire à Anglès.
Jean Jacques ARMENGAUD alors âgé de 42 ans, fabricant à Mazamet x 27.9.1814 Rosalie Narcisse ALQUIER °31.12. 1794 à Aire sur la Lys (Pas-de-Calais, où son père était en garnison), fille de Jean Louis ALQUIER (°1760 +1827) et de Rose Alexandrine DEZESSART (°1775 +1805). Le nouveau couple restera six ou sept ans habiter Anglès puis ira habiter à Lacabarède dans la vallée du Thoré. Il est fort possible que Jean Jacques se soit lassé d'Anglès ou languit de sa Montagne Noire. Anglès est un pays au climat rude et froid l'hiver, loin de tout, certes beaucoup plus animé et plus peuplé en 1819 que de nos jours mais moins que ne pouvait l'être à l'époque la ville laborieuse et prospère de Mazamet. Tout cela n'explique pas pour autant son choix pour Lacabarède. En tout cas son activité de fabricant ne doit pas être prospère pour qu'il puisse changer aussi souvent de lieu. Il appartient à la multitude des petits fabricants qui subissent dès cette époque la loi inéxorable de la concentration du capital et la concurrence de plus en plus inégale envers des adversaires toujours plus puissants. Aussi choisit-il de rentrer comme son beau-père dans l'administration forestière. Ces emplois de garde forestier sont ouverts aux anciens militaires. Jean Jacques ARMENGAUD n'ayant pas eu les mêmes grades que Jean Louis ALQUIER ne pourra pas briguer un poste de garde à cheval (il n'y en a que deux pour le département du Tarn (un dans la forêt de la Grésigne, un à Anglès).
De 1822 à 1832 il occupera donc le poste de garde forestier à Lacabarède. Il décède le 31 octobre 1832, âgé de 60 ans, à Mazamet, laissant une jeune veuve et au moins trois enfants (six au plus) dont le plus jeune n'a que deux ans. Jean Jacques ARMENGAUD et Rosalie ALQUIER eurent sept enfants :
1. Louis Jean Paul Noël °Anglès 19.10.1815 y +11.2. 1821
2. Isaac Pierre Joseph °Anglès 16.5.1818 + jeune (?) avant 1843
3. Elisabeth Eulalie Esther °Lacabarède 10.6.1820 + avant 1854
4. Anna Elisa °Lacabarède 5.4.1822 + avant 1854
5. Aimé Paul Eugène °Lacabarède 13.12.1823, qui suit en IV.
6. Elisa Esther Rosalie "Lacabarède 1.1.1827
+ après 1869, x 9.3.1858 à Mazamet Léon Marie Bernard BAUTEZAC, artiste peintre °Toulouse 16. 10.1831 fils de Jean François Marie Maxime BAUTEZAC et de Charlotte Caroline AUDEBAUT. En 1867 ils vécurent 16 rue de Vaugirard à Paris et habitaient Limoges en 1869. (Descendance inconnue)
7. Marie Hortense °Lacabarède 17.4.1830, x 1.10.1869 à Mazamet Jules David CASTAGNE °Vabre 3.9.1820 fils de Jacques CASTAGNE et de Louise ALBIGèS employé des Chemins de Fer du Midi. Ils vécurent à Béziers, d'où :
- Elisa Rose Louise CASTAGNE °Béziers 11.1.1872 +31.10.1958 au Refuge protestant de Castres, x 2° à Castres le 27.5.1920 Bertrand Edmond Frédéric de ROBERT °27.7.1856 +Castres 26.5. 1935 fils d'Alexandre de ROBERT-BOUSQUET et de Françoise Catherine (dite Henriette) BONVILAR, veuf de Lydie BERLOUIN (+23.12.1918). Elisa de ROBERT fut la dernière descendante (connue) de Jean Jacques ARMENGAUD à avoir vécu dans le berceau de la famille. Seules ma grand tante Christiane LAFFICHE née ARMENGAUD et ma lointaine cousine Marianne CAMPGUILHEM née LACHERET connaissaient son existence avant que je n'entreprenne mes recherches.
Rosalie ALQUIER resta vivre à Mazamet de 1832 à 1869. Je n'ai retrouvé son acte de décès ni à Mazamet ni à Castres, ni à Anglès. S'installa-t-elle avec l'aînée de ses filles à Limoges ?
IV. Aimé Paul Eugène ARMENGAUD °13.12.1823 à Lacabarède +8.3.1886 à Paris Vie. Il fut dispensé du service militaire en 1843, étant fils unique de veuve et par là soutien de famille (recensement militaire de la commune de Mazamet). Il quitta Mazamet en 1845 pour aller travailler à Paris comme commis négociant. De 1851 jusqu'à son mariage en 1854 il travaillait pour la Maison Marion fils et Guyot à Paris, 37 rue de la Bourdonnais (19). Là il gagne un bon salaire (3.000 F par an) et est intéressé aux résultats de l'entreprise (1.000 F d'intéressement par an).
Il épouse par contrat du 8.1.1854 (Me Armand Lefebvre, notaire à Paris de la future épouse), le 12.1.1854 Elisa Anne PERROT "Villeneuve St-Georges (Val de Marne) 1.1835 +Paris ca 1885 orpheline de Georges PERROT (+1835) pharmacien à Villeneuve St-Georges et de Caro¬line Eugénie TRAPPE (°1809 +1850). Elle et son frère Georges PERROT (°1832 +1914) vivent alors chez leur oncle Félix Guillaume TRAPPE boulevard Beaumarchais. Félix Guillaume TRAPPE est un type même de spéculateur foncier du Second Empire, nommé tuteur des enfants PERROT en 1850, il gère leur patrimoine scrupuleusement (placement en actions de Chemins de fer, etc.). Au moment de son mariage Elisa PERROT apporte en dot environ 60.000 F.
Après une suite de revers commerciaux qu'il serait trop long d'évoquer ici, Eugène ARMENGAUD, qui avait engagé la dot de sa femme dans son entreprise déclare faillite. Sa femme demandera une séparation de biens pour sauver "ses meubles" en 1867. Il fit à nouveau faillite en 1869 après avoir monté trop hâtivement une société, alors qu'il n'était pas encore remis de son ancienne faillite. Les dossiers de faillite nous expliquent qu'il s'était mis à son compte en 1854 avec un associé, M. Roisin 34 rue Vivienne à Paris. Là ils tenaient un commerce de linge (non spécifié). Brouillé en 1860 avec son associé, Eugène ARMENGAUD, il se lancera en 1862 dans une activité un peu étrange pour un mazamétain : le papier peint, de même que sa raison sociale "Marchand de carton-cuir ". Un inventaire de 1869 donne une explication qui n'est pas suffisante : il aurait déposé en 1868 un brevet d'invention et d'exploitation de carton cuir imperméable pour papier peint. Aurait-il inventé le papier peint lavable ou le simili-cuir ? (n'est-ce pas la moleskine ?).
(19)Ferdinand Cormouls successeur des Houlès, grande maison de textile de Mazamet, écrit en 1860 qu'il a eu quelques années plus tôt un dépôt précisément dans la même rue. La coïncidence n'est sans doute pas fortuite : il est probable donc qu'Eugène ARMENGAUD soit venu à Paris pour le compte de la maison "Pierre-Elie Houlès et fils".
En février 1869, il louait un terrain à Levallois- Perret sur lequel il fit bâtir quelques bâtiments en brique et armatures bois le tout couvert de zinc pour y produire ses nouveautés. Mais dès octobre 1869 il est au bord de la ruine. Séparé des biens de sa femme (qui ne lui a pas prêté d'argent cette fois). Il n'a aucune réserve de capital. Il ne lui reste plus qu'à tout abandonner. C'est son contremaître Berger qui lui rachète son usine à Levallois, reprend son bail commercial (du siège social 17 Bd Malesherbes), et rachète ses stocks.
Eugène ARMENGAUD baisse les bras, abandonnant son affaire. Après tout son père n'avait-il pas lui renoncé à l'esprit d'entreprise en devenant garde forestier ? Jusqu'à sa mort en 1886 il sera employé de banque. Quant à sa femme, elle donnait vers 1880 des cours de français (particuliers, dans une école privée ?). Ils n'eurent que deux enfants :
1° Georges Léon ARMENGAUD °Paris 2.2.1855, qui suit en V.
2° Elisa Marie ARMENGAUD °Paris 21.1.1857 +1935, 35 rue Boulard Paris XVe. x Paris Vie en 1877 Othon RIEMANN "Nancy 13.6.1853 +16.8.1891 à Interlaken en Suisse lors d'un accident de montagne; professeur à l'Ecole Normale Supérieure. Lors de son enterrement au cimetière du Montparnasse, Georges Perrot (°1832-1914) directeur de l'ENS prononça un long discours qui retraça sa brillante carrière d'érudit de l'Antiquité. Ils eurent cinq enfants dont deux filles qui épousèrent des pasteurs .
- Anna Sabine RIEMANN "Nancy 1878 +Bayonne 1930
x1° N. SCHLEGEL, pasteur
x2° N. DUMEZ, pasteur
- Louise Hortense RIEMANN °1880 +Nancy 1881
- Georges Albert RIEMANN Taris XlVe 1882 +Bor- des sur Ariège 31.10.1943, célibataire
- Georges Théophile RIEMANN "Fontainebleau 21. 9.1884 +Paris XlVe 2.3.1931, célibataire
- Juliette RIEMANN "Paris 22.2.1888 +Paris Xlle 28.11.1979 x Henri Elisée LACHERET, pasteur, d ' où :
- Marianne LACHERET "Sin Le Noble (Nord) 21.9.1914 x Marcigny (Haute-Saône) 24.1. 1933 Henri CAMPGUILHEM "Aurignac (Haute- Garonne) 1907. Ils demeurent 135 Bd de la Reine à Versailles et ont quatre enfants, d'où descendance.
V. Georges Leon ARMENGAUD "Paris 22.2.1855 +Neuilly/Marne 15.8.1898, professeur de grammaire latine et grecque, agrégé de l'Université. Il enseigna d'abord à Amiens où il se maria, puis à Reims et à Bourg-la-Reine. Là il se lia entre autre avec Georges Colomb professeur de mathématiques au même lycée que lui (Lycée Lakanal) qui contribua à la naissance de la bande dessinée française par ses albums bien connus "le savant Cosinus", "le sapeur Camembert", "la famille Fenouillard".
Agé seulement de 43 ans il fut frappé par une hémiplégie au printemps 1898. Il venait d'être nommé censeur au Lycée Condorcet à Paris. Malheureusement il ne devait jamais occuper ce poste. Placé dans une maison d'aliénés à Neuilly/Marne, il mourut assez rapidement. Sa femme Mathilde LESOBRE pour subvenir aux besoins de son fils recommença à travailler. Elle fut d'abord institutrice à Lakanal, puis au petit lycée Henri IV à Paris. En outre dans la grande maison qu'elle occupait 9 avenue du lycée Lakanal à Bourg-la-Reine, elle ouvrit vers 1900 une pension pour dix pensionnaires qui fut prisée et renommée. Elle reçut les quatre fils de Paul DOUMER, futur président de la République qui furent tous tués pendant la grande guerre. Philippe HERIAT, de son vrai nom PAYEL(LE) auteur de la saga "la famille Boussardel" et par ailleurs d'une petite nouvelle autobiographique "l'Araignée du matin" évoque sans complaisance la main de fer de la Veuve ARMENGAUD .
Léon ARMENGAUD avait épousé le 15.8.1883 à Amiens Maria Julia Mathilde LESOBRE °Hardivilliers (Oise) 1860 +1927, fille de Pierre François LESOBRE tisserand puis jardinier et de Marie Héloîse Anaîsse BLANCARD sergère puis domestique. Elle fut institutrice à Amiens en 1883. Les deux époux sont enterrés au cimetière communal de Bourg-la-Reine. Ils n'eurent qu'un fils qui suit en VI.
VI. Francis Georges ARMENGAUD "Reims 26.6.1884 +Loctudy (Finistère) 21.10.1957 y inhumé, inspecteur des doua- douanes maritimes à St-Quay Portrieux puis à Pont L'Abbé et Brest. Il fut le dernier protestant de sa famille (épousant une catholique). x Bourg-la-Reine 23.1.1908 Germaine Jeanne Aglaé RICHARD "Paris Ve 5.8.1883 +Pont L'Abbé 6.6.1966 et inhumée à Loctudy, fille de Henri Charles Constant Adolphe RICHARD ("1845 +1934) préparateur à l'Ecole des Mines; ingénieur diplômé de l'Ecole Centrale, promotion 1875 et de Caroline Clémence STAHL ("1851 +1894). Ils eurent :
1° Francis Léon Adolphe ARMENGAUD "St-Quay Portrieux 14.6.1909, qui suit en VII.
2°Christiane ARMENGAUD "St-Quay Portrieux 1910 +Pont L'Abbé 8.1990 x Pierre LAFFICHé, assureur.
Ils habitèrent Brest durant la guerre, puis Nan¬tes; d'où cinq enfants et dix-huit petits enfants
3° Jacqueline ARMENGAUD °St-Quay Portrieux 1911, +1991 x Pierre GAJAN, officier de marine. Ils ha¬bitèrent près de Brest; d'où six enfants et une nombreuse postérité.
VII. Francis Léon Adolphe ARMENGAUD °14.6.1909 +4.5.1961, inhumé au cimetière de Bourg-la-Reine avec ses grands-parents. Administrateur colonial (principalement en Afrique occidentale et équatoriale), x 3.9.1932 à Paris XlVe (mariage catholique à l'église St Dominique, rue de la Tombe-Issoire) Paule Valérie Clothilde AUBERT °Auxonne (CÔte-d'Or) 14.4.1904 alors étudiante aux Beaux-Arts, fille d'Augustin AUBERT capitaine d'infanterie, officier de la Légion d'Honneur (°1870 +Tunis 1948) et de Marie Louise Joséphine Valérie AUBERT (°1874 +Tunis 1953) cousins issus de germains. Elle vit à Issy-les-Moulineaux depuis 1954. Ils eurent :
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