M. Dominique Cheguillaume nous a fait parvenir depuis l'acte de baptême de François de La Nouë sous forme de photocopie de l'original conservé aux Archives municipales de la Chapelle-sur-Erdre et, en microfilm, aux Archives départementales de Loire-Atlantique (1 Mi EC 21/R1). L'original a été transcrit à partir du latin abrégé du XVIe siècle par M. J.L. Bourgeon, Maître de Conférences à l'Université de Paris-IV, et traduit par M. de Saint-Jouan ancien Directeur des Archives départementales des Côtes- d'Armor.
Nous reproduisons ci-dessous le texte de ce document ainsi que quelques indications fournies par M. Cheguillaume sur les noms et lieux-dits mentionnés dans l'acte.
Ce document est enregistré à la Bibliothèque de la SHPF sous la cote G 37/L3.
1. Anno Domini millesimo quingentesimo et trigesimo primo
L'an du Seigneur mille cinq cent trente et un,
2. die vero décima octava mensis augusti baptisatus
ce dix-huitième jour du mois d'août, a été batptisé
3. fuit Franciscus filius nobilis ac potentis Francisci de la Noe
François, fils de noble et puissant François de La Nouë,
4. domini temporalis de Chavanes et baronis de la Roche
seigneur temporel de Chavanes et baron de la Roche,
5. Bertoncelles et Sansay ac nobilis domicelle Bonaventure de Bertonselles et de Sansay,
et de noble demoiselle Bonaventure
6. eius spose seu contoralis domine temporalis de Briourt
sa fiancée ou compagne, dame temporelle de Briort,
7. l'Espine-Gaudin le Louroux-Botreau et la Chapelle-sur-
L'Epine-Gaudin, le Loroux-Bottereau et la Chapelle-sur-
8. Erdre quem tenuerunt super fontes nobiles personne Erdre,
lequel (enfant) ont tenu sur les fonts baptis¬maux nobles personnes
9. Magister Nycollaus de Chateaubriand abas de Esveron
Maître Nicolas de Chateaubriant, abbé d'Evron,
10. et Renatus Gouy dominus temporalis du Boays-Jouan et
et René de Gouy, seigneur temporel du Bois-Jouan et
11. Coerbouc et Johana du Selier domina de La Groys
de Coerbouc et Jeanne du Selier, dame de La Groye
12. et du Boays.
et du Bois.
(signé) Johannes Guillet
Baptisavi
Nota : A la 6e ligne, la traduction des termes latins employés : sponse seu contorialis (conthorialis) - et non uxor reflète une certaine incertitude sur la situation matrimoniale du couple, peut-être légalement marié aux yeux de leur famille mais non à ceux de l'Eglise.
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- Seigneuries du père de François de La Noué:
F. de La Nouë le père était baron de la Roche-Bernard, château situé sur l'actuelle commune de St-Denis-les-Ponts près de Châteaudun, château démoli sous la révolution.
- Seigneuries de Bonaventure l'Epervier, nère de François de La Nouë :
Le nom de l'Epervier n'est pas cité dans l'acte mais ceci n'est pas exceptionnel.
La famille L'Epervier possédait la terre de la Gascherie, paroisse de la Chapelle-sur-Erdre, les terres de l'Epine- Gaudin, paroisse de St-Julien-de-Concelles, des terres dans la paroisse de Port-Saint-Père.
II est probable que la naissance de François de La Nouë eut lieu au manoir de la Gascherie et son baptême à l'église de la Chapelle-sur-Erdre, aujourd'hui reconstruite mais où subsiste la cuve baptismale d'époque médiévale (photographie conservée à la SHPF).
- Les parrains et marraine :
En ce temps-là un garçon pouvait avoir deux parrains pour une marraine.
Le premier parrain, Nicolas de Chateaubriant, baron du Lion d'Angers capitaine et maître de la Vénerie du Roi, avait épousé Anne de Champagne. Il fut abbé commen- dataire d'Evron (diocèse d'Angers) de 1519 à 1532, succédant à son oncle qui en fut titulaire de 1491 à 1519. Nicolas de Chateaubriant fut tué par le cheval emballé qu'il montait sur une route d'Anjou.
Le deuxième parrain, René de Gouy, porte un nom principalement répandu dans la Basse-Loire depuis le XVe siècle. Un André de Gouy était à la garde de Machecoul en 1432.
La marraine, Jeanne du Selier et de La Groye, pourrait appartenir à une branche des seigneurs de La Groye issue de la Maison d'Aloigny du Poitou. Elle pourrait être la fille de René d'Aloigny, seigneur de La Groye qui épousa le 6 août 1504 Anne de Crévant et était fils de Jacques et petit-fils de Galehault d'Aloigny, époux en 1440 de Marie de La Touche d'Aloigny.
François de la Noüe était donc apparentéaux bonnes familles de l'ouest de la France, riches de terres et de relations, bien titrées et au service du Roi à toute les générations.
On mesure ainsi la force des convictions de François de La Noué pour se convertir à la religion réformée à l'âge de 27 ans. Nous savons par ailleurs que cette conversion n'était le fruit ni de calculs ni d'intérêts. On peut lire par exemple parmi les nombreux témoignages élogieux celui cité au tome 16 de l'Histoire de l'Eglise catholique, dirigée par Augustin Fliche et Eugène Jarry (1950), traitant de la crise religieuse du XVIe siècle : "(...) Les conversions individuelles des nobles au Protestantisme Préparent les conversions collectives... Il entrera dans ces conversions plus d'un élément d'ordre politique. Pour un convaincu comme d'Aubigné ou La Noué, combien d'ambitieux ?...".
C'est pourquoi il est bon de rappeler la mémoire de François de La Noué, grand serviteur de la France, qui honore la religion réformée en une époque aussi troublée.
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