Le pasteur François de Beaulieu a communiqué à la SHPF une photocopie des registres du greffe de Quimper rassemblant 74 dépositions et témoignages contre les La Moussaye et autres familles protestantes de Bretagne accusées de tenue de réunions et de cultes malgré l'interdiction de ces activités à Quintin et également César de Beaulieu, pasteur de Quintin, d'impiété, profanation d'hostie et autres crimes.
Ce document figure dans nos archives sous la cote E 200, l'original étant conservé aux Archives de Quimper sous la cote 1035-12.
Cette affaire eut lieu en 1681 et obligea César de Beaulieu, ancêtre en ligne directe de notre adhérent, à s'exiler en Angleterre où il est cité comme réfugié en décembre 1682 (Cf. La France protestante de Bordier).
César de Beaulieu descendait d'un Beaulieu, sieur de Néraunay, procureur au Parlement de Rennes et époux de Denise du Claray; celui-ci fut l'un des tout premiers réformés de Rennes. Son corps fut exhumé en 1583, traîné par les rues et jeté hors de la ville sur un tas d'immondices. Ce couple eut quatre enfants dont Suzanne de Beaulieu, grand- mère du pasteur Philippe Le Noir dont nous avons publié les mémoires dans les Cahiers du Centre de Généalogie Protestante n° 26 à 29 en 1989/90.
Parmi ses trois fils, l'un d'entre eux fut Jacques, seigneur de Gaillon et de La Marre, contrôleur de l'Artillerie du Roi et député de Bretagne au synode de Tonneins en 1614.
Son frère, sieur de La Motte-Barrin, fut père de Paul, cadet, sieur de Beaulieu, procureur fiscal du Bordage, époux d'Olympe Crouset et père de :
- César de Beaulieu, aîné, dont il est question plus haut, pasteur à Quintin de janvier 1674 à décembre 1680, Qui épousa dans cette localité ca 1674 Suzanne du Pré.
Réfugié en Angleterre où il obtint rapidement ses lettres de naturalisation, il fut nommé pasteur à Ipswich (Suffolk) en 1683 et y resta jusqu à sa mort avec sa mère. C' est à lui et à son frère Luc que le pasteur Philippe Le Noir envisageait d'adresser ses enfants lorsque ceux-ci quittèrent clandestinement la France en décembre 1681 (cf. Mémoires du pasteur Philippe Le Noir, 4e partie, CGP n°29, trimestre 1990).
Le fils aîné de César de Beaulieu : Henry, né à Quintin le 17 avril 1676, fut naturalisé anglais en 1708; le second fils : François-Charles, né à Quintin en 1681 ou 1682, partit pour la Prusse orientale via Dantzig (Gdansk) où il fera souche.
C'est de lui que descend notre adhérent, le pasteur François de Beaulieu, qui se réinstalla en France après la seconde guerre mondiale.
Parmi les enfants de Paul, citons encore :
- Luc de Beaulieu, sieur des Planches, chapelain en Angleterre
- Une fille, également émigrée en Angleterre
- Jean de Beaulieu, sieur de Néraunay, qui épousa Henriette du Bosquais, demoiselle d'honneur d'Henriette Catherine de La Tour d'Auvergne, fille du duc de Bouillon et épouse du marquis de La Moussaye, propriétaire du château de Quintin.
Ce couple abjurera le 15 octobre 1685 à Ercé-Liffré, au nord de Rennes, où se trouvait la propriété de Néraunay.
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En septembre 1681, quatre ans après la mort de la marquise douairière de La Moussaye, ses enfants Henri et Marie, ne pouvant plus supporter les charges afférentes au château de Quintin, vendirent ce dernier et le comté à leur cousin Guy de Durfort de Lorge, un bon catholique, et se retirèrent au château de La Moussaye en Plessis-Jugon où ils rétablirent le culte réformé.
Ils étaient par ailleurs en butte aux attaques portées contre eux et d'autres familles protestantes alliées (cf. les 74 témoignages figurant dans les registres du greffe de Quimper cités ci-dessus). Marie de La Moussaye tenta cependant de revenir sur cette cession et de se réinstaller au château de Quintin. Cette prétention donna lieu à une enquête des Carmes et du clergé de Quintin adressée au Roi quelques mois après la vente pour s'opposer au retour dans cette ville de seigneurs protestants (A.D. Quimper 1037-1).
Signalons en terminant que, parmi la suite amenée à Quintin au moment de son mariage avec le marquis de La Moussaye par Henriette Catherine de La Tour d'Auvergne, figurait l'écuyer Henri Corret, fils illégitime du duc de Bouillon et d'une suivante Adèle Corret. Henri Corret fut l'arrière-grand-père de Théophile Malo Corret, né à Carhaix (Finistère) en 1743 et autorisé en 1779 par le duc de Bouillon à porter le nom de La Tour d'Auvergne et les armes de cette maison.
C'est Théophile Malo (Corret) de La Tour d'Auvergne qui fut honoré par Bonaparte alors 1er Consul de l'appellation de "Premier grenadier des Armées de la République" et qui mourut en héros le 27 juin 1800 à Unterhausen (Ba¬vière). Il fut inhumé à Oberhausen mais son coeur a été transféré aux Invalides et son corps déposé au Panthéon.
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La SHPF a reçu la revue Nice Historique, organe officiel de l'Academia Nissarda, qui, dans son n°4 de l'année 1991, présente des articles consacrés au protestantisme à Nice au XIXe siècle. Cette revue, remarquable par le caractère particulièrement attrayant de son contenu et de sa présentation, comporte un chapitre exposant les tentatives de regroupement des protestants francophones au cours des années 1830-1850 avec la célébration de cultes à St-Laurent du Var, puis la création de la première église évangélique de langue française en 1848 suivie de celles de l'église luthérienne de langue allemande et de l'église baptiste.
D'autres chapitres sont consacrés à l'action sociale des protestants dans les Alpes-Maritimes au XIXe siècle avec la création d'asiles évangéliques et de sociétés de secours et aux cimetières anglais concédés aux ressortissants britanniques et à d'autres étrangers non catholiques.
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Nous venons de recevoir de M. J. Deschard un relevé des abjurations à Sauve (Gard) survenues entre 1679 et 1701.
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Mme Latayne Colvett Stanfill, de Los Angeles, a fait don à la Bibliothèque de la SHPF de l'ouvrage qu'elle a consacré aux chroniques de la famille Colvett du Tennessee 1630-1990, décrivant l'historique des 14 générations descendant du pasteur Jean Calvet qui sortit de France en 1685.
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