Nos recherches sur les réformés de Bretagne m'ont révélé que nombre de réformés du Languedoc et du Béarn s'établirent en Bretagne sans doute en raison des liens qui les unissaient aux Rohan. Je serais reconnaissant à tous les chercheurs qui pourraient m'apporter des compléments sur les familles traitées dans le présent article.
CORNIER
Pierre Cornier, marchand au faubourg de la Fosse, originaire de Bédarieux en Languedoc, de son mariage avec Judith Boutin eut à Nantes trois enfants :
- Jeanne, née le 30 mars 1678, fut baptisée le 1er avril.
- Pierre, né le 13 mars 1679 et baptisé le 20, est décédé le 25 mars 1679.
- Jean, fut baptisé le 22 avril 1680.
Judith Boutin est décédée le 3 juin 1682 à Nantes à l'âge de 22 ans. Pierre Cornier en 1678 fut nommé ancien du consistoire »
COUDERC. COUDERE
Les Couderc étaient originaires du Languedoc. Pierre Couderc exerçait la profession d'apothicaire à Pontivy. Lorsqu'il décéda, sa veuve Esther Alard tint "pendant toute sa vie boutique ouverte et jouit du privilège de franchise accordé aux veuves des maîtres pendant leur vie".
Elisabeth Alard, étant décédée, son beau-frère Henri Couderc, venu du Languedoc tenta de reprendre son office. Mais un maître apothicaire catholique, Denis Boutier, intenta une action contre lui.
Le 29 mai 1684, le Parlement de Bretagne rendit un arrêt faisant : "(...) défense aux Juges de Pontivy de souffrir ni permettre à aucune personne de la Religion prétendue réformée de professer dans l'étendue de leur ressort la Médecine, Chirurgie ou Pharmacie, et lors qu'il présentera des aspirants leur enjoint de faire bonne et exacte information des vies, moeurs, Religion Catholique, Apostolique et Romaine desdits aspirants préalablement et avant les admettre à leurs actes et preuves de capacités ordinaires et accoutumées, et dès à présent a fait et fait très expresse inhibition et défense audit Couderc de faire aucune profession ni exercice de Pharmacie, et à tous juges de les recevoir à aucun acte préparatoire jusqu'à avoir abjuré son hérésie" (C.CGP n°15 troisième trimestre 1986, pp.836-837).
Henri Couderc quitta Pontivy et retourna à Millau en Languedoc, avec sa famille. Judith Couderc, la fille de Pierre Couderc et d'Elisabeth Alard, née circa 1667, épousa le 18 février 1685 à Sucé François de La Combe, fils de Jean de La Combe et d'Abigail du Forgel, demeurant à Vannes .
DU LAC
Jacques du Lac, marchand de vin de Guingamp, originaire du Languedoc, épousa dans les années 1660 Anne Ulier, fille de Jean Ulier et de Françoise Parpet qui lui donna onze enfants, sept garçons et quatre filles. Les baptêmes de quatre d'entre eux sont mentionnés dans les registres de Quintin :
- Suzanne, baptisée le 1er mars 1674, selon la déclaration que fit Mademoiselle de La Moussaye en novembre 1685 elle vivait auprès d'elle depuis six ans.
- Gabriel, baptisé le 13 octobre 1675.
- Esther, baptisée le 18 avril 1677.
- Jacques, baptisé le 1er janvier 1680 et dont les parrain et marraine étaient son frère Jacques et sa soeur Philippe.
Jacques du Lac et Anne Ulier, son épouse, paraissent avoir été des réformés de choc, aussi le Parlement de Bretagne par arrêts des 29 mai et 7 août 1680 (A.D. Ille & Vilaine 1 Bf 849) chargea l'un des siens originaire de Guingamp, le conseiller Marc Antoine de La Bouexière de Lennuic d'enquêter sur leurs agissements :
"Le procureur général du roy entré en la cour a Remontré qu'il a eu advis qu'un particulier nommé du Lac & sa femme tous deux de la Religion prétendue resformée par une contravention formelle aux ordonnances de Sa Majesté & par une témérité digne de punition exemplaire ont ozé dans la ville de Guingamp tenir hautement à leurs parloir des conférances de controverses pour tascher par des pareils entretiens qui blessent la pureté de nostre Religion profité de la faiblesse de quelques personnes Respandant dans leurs âmes le malheureux venin dont Ils sont Eux mesme infectez, Que la chose est allée sy loin que par leur solicitations & leurs disputtes continuelles Ils ont obligé deux jeunes damoiselles à quitter la véritable Religion pour Embrasser les hérésies de Calvin, & qu'après ce changement led(it) du Lac & sa femme craignant que lesdites deux particulières n' eussent ouvert les yeux & reconneu leur Erreur, ils leurs ont persuadé après avoir (fait) abandonné leur Religion de Renoncer à leurs parant & quitter leur pais sans que l'on sache ce qu'elles sont devenues ny en quel lieu elles peuvent s'estre Retirées, que l'authorité de la Cour estant absolument nécessaire pour arrester le cours d'un désordre par lequel les droits les plus saints sont violez Il a ci-devant mis sa remontrance par laquelle est intervenu arrest qui commitoit le premier des conseillers d'icelle trouvé sur les lieux pour faire & par faire le procès aux coupables avecq effet & connoissance de cause en execution duquel mr Marc Anthoine de La Bouexière conseiller auroit commencé les Informations qu'il est nécessaire de continuer & comme il est Encore sur les lieux ledit procureur général du roy a Requis qu'il plaise à la dite Cour y pourvoir sur ses conclusions qu'il a baillées par escri & sur ce délibéré .
La Cour faisant droit sur les remontrances & conclusions du procureur général du Roy a Commis & Commet Mr Marc Anthoine de La Bouexières, con(seiller) pour Informer des faits Contenus en la dite Remontrance & autres en Résultant, continuer lesdites informations & comancés à faire & par faire le procès aux coupables avecq tout effet & connoissance de Causes Jusques à Jugement définitif nonobstant oppositions appelations ou pries à partye quelconques & sans y préjudicier, fait en parlement à Vannes le 7 août 1660."
L'on ne sait si les du Lac furent poursuivis, par contre l'enquête engagée par La Bouxière de Lennuic provoqua la fuite en Angleterre du pasteur de Quintin et de nombre de ses ouailles.
Anne Ulier abjura le 27 novembre 1685 en la chapelle de La Coste, Henry, son fils aîné, âgé de 18 ans, abjura le 12 décembre suivant en la chapelle du palais épiscopal.
En 1699, ou 1700, Gabriel du Lac fut arrêté sur l'ordre du maréchal d'Estrées pour correspondance avec l'ennemi. Son interrogatoire devant la cour royale de Brest est riche d'enseignements sur son attitude et celle de sa famille après la Révocation (AD Finistère B 2138).
Gabriel du Lac dit qu'il était "marchand de profession", de "la religion catholique apostolique et romaine", qu'il demeurait avec sa mère à Guingamp où celle-ci était "marchande de vin, raisins et autres denrées". Ses frères et soeurs s'étaient "dispersés chacun de leur cotté". L'aîné de ses frères était en "Languedoc dans le bien de leur père", "un autre dans le service du Roy de France", lieutenant dans le régiment de Revel. Une soeur était "mariée à Guingamp avec le valet de chambre de Monsieur le marquis du Gage". Pressé par ses interrogateurs, il reconnut que deux de ses soeurs vivaient à Londres et une autre à Exeter. A Exteter vivait également une de ses cousines, fille de son oncle Noël Germé. Il précisa que sa soeur demeurant à Exeter était mariée à un chirurgien et apothicaire dénommé Pillet et sa cousine à un marchand dénommé page, originaire de La Rochelle.
Il affirma qu'il n'avait commencé "à faire du commerce pour son compte que depuis trois ans" et que tout le commerce qu'il a fait consiste en quatre voyages et qu'il a fait avec l'isle de Guenezé où il a un oncle nommé du Beaucage, chirurgien et apothicaire de sa profession". Il admit qu'à une occasion il prolongea son voyage vers l'Angleterre "pour hacheter des cheveaux". Il débarqua à Southampton et se rendit à Salisbury puis à Exeter "où il s'embarqua pour repasser à Grenesé", "il fust environ deux mois et demi en son voyage" et pendant son séjour à Exeter il logea chez sa cousine Germé.
GARDERE
Mathieu de Gardère épousa le 11 avril 1660 à Blain Catherine Poivreau, fille de l'huissier Mathieu Poivreau, sieur de Boisbilly. Leur premier enfant, une fille, Marguerite, née à La Goupillays le 12 juillet 1662, est décédée le 20 juin 1663 à Blain. Peu de temps après cet événement Mathieu de Gardère et son épouse se retirèrent à Orthez en Béarn où est né leur fils Pierre le 7 septembre 1667.
Pierre Gardère, sieur de La Goupillais, (M Th. Lalagüe-Guilhemsas, "un protestant béarnais dans le comté nantais, Pierre Gardère, sieur de La Gouippais", Bulletin de la Société Historique et archéologique de la Loire-Atlantique, tome 118, 1982, pp. 73-89) revint toutefois à Blain et y épousa le 31 janvier 1693 Marthe Chapeau, fille de Jacques Chapeau et de Marguerite Ravenel (Cf. art. Chapeau). Le recteur de Blain qui avait tout d'abord refusé d'accorder la bénédiction nuptiale, ne s'y résolut que sur l'ordre formel de l'évêque de Nantes.
Pierre Gardère et Marthe Chapeau eurent à Blain cinq enfants :
- Suzanne, baptisée le 3 mai 1694 à Blain.
- Jean, baptisé le 16 décembre 1695 à Blain.
- Anne, née en 1699 à Blain.
- Pierre, né en 1700 à Blain.
- Pierre, né en 1708 à Blain.
Veuf, Pierre Gardère se remaria le 25 février 1727 dans la paroisse Saint-Saturnin de Nantes avec Marthe Renouf, originaire de Guernesey, veuve d'un capitaine de navire de Jersey mort à la Jamaïque après avoit abjuré "les hérésies de Luther et de Calvin" et reconnu les deux efants qu'ils avaient eu en 1724 et 1726 à Nantes "pendant leur mariage clandestin qu'ils croièrent bon et légitime avant que l'on les eut instruit de la manière qu'on se marie dans l'église romaine et dans le roiaume de France".
Pierre Gardère est sur les actes qualifié tour à tour de bourgeois (1695), maître (1698), aubergiste (1699) et marchand (1705). A Nantes, il était "marchand de morue" rue de la Poissonnerie. Il revint à Blain où sa femme donna le jour à trois nouveaux enfants en 1727, 1728 et 1734. Leur conversion n'avait pas été réelle, le recteur de Blain les qualifiaient encore de "religionnaires vivants (...) au mépris des sentences rendues contre eux à l'officialité et au présidial de Nantes".
Ayant semble-t-il fait de mauvaises affaire Pierre Gardère vendit en 1732 La Goupillays à Henri Bonnaud. Son dernier enfant, Mathieu, est né le 23 mars 1734 à Blain. Il n'y a plus aucune mention à Blain de Pierre Gardère ou de sa famille au-delà de cette date.
GONTIER
David Gontier, maître-chirugien, né circa 1647, originaire de Castres en Albigeois, fils de Guillaume Gontier et de Judith Josse s établit à Sucé circa 1679. Il y épousa le 30 avril 1684 Françoise Cailhaud de Saint-Herblain, née circa 1636, fille d'écuyer Samuel Cailhaud et de Louise Texier.
David Gontier était "lecteur du prêche" au temple. Il abjura le 1er novembre 1685 à Sucé, Françoise Cailhaud, son épouse fit de même le 19 novembre.
GOURET
Un seul membre de la famille Gouret est mentionné sur le registre de l'Eglise de Blain : César Gouret, seigneur de Cranhac, parrain notamment en juillet 1662 de Marguerite de Gardère dont le père était originaire du Béarn, province d'où son arrière grand-père, François Gouret, seigneur de la Goupillays, d'une famille alliée à la maison d'Albret, était venu à la suite d'Isabeau d'Albret lorsque celle-ci épousa en 1534 René 1er de Rohan (P.L. Pelt, "Du PIessis-Gouret", Recueil des Généalogies Vaudoises, tome III, Lausanne, 1950, pp. 292-325).
En 1551, François Gouret fut nommé capitaine-gouverneur du château de Blain. Sa famille resta attachée aux Rohan. Son fils Guillaume, seigneur d'Onglepied (+1606), fut ruiné par les guerres de la Ligue. Le 6 février 1579, il épousa Jeanne du Plessis, fille aînée de Jean du Piessis, seigneur dudit lieu en Saint-Dolay et de Jacquette de Ros. Ils eurent trois enfants :
- Isaac, seigneur d'Onglepied, né en 1580, mort le 7 janvier 1646 au Plessis Saint-Dolay, qui suit.
-Elie, seigneur de Primaye, né en 1586, servit en Hollande avants de se fixer en Suisse où il mourut le 4 décembre 1656.
- Anne épousa par contrat du 25 novembre 1623 Gabriel Morel, seigneur de la Barre. elle lui donna un fils, Isaac, né le 24 Août 1624, et mourut au faubourg Saint-Germain en 1635.
Guillaume Gouret, sieur d'Onglepied, décéda le 6 mai 1601 à Blain et fut "enterré en la chapelle qui est la première à main droite de l'entrée de l'église dud. Blain". Jeanne du Plessis, sa femme décéda le 22 mai 1603 à Blain, à l'âge de 56 ans et "fut aussi enterrée en lad. chapelle auprès de son deff. mary" (Archives des Boispéan).
Isaac, seigneur d'Onglepied, rétablit la fortune de sa famille. Intendant général des Rohan en 1606, il fut nommé capitaine de Blain en 1622. En 1629 quand Richelieu fit démanteler le château de Blain, il obtint du Roi une sauvegarde le mettant sous la protection royale lui et les siens en raison des services rendus. Lorsque le duc de Rohan devint généralissime des armées de Venise, il le suivit et fut colonel d'un régiment de la Sérénissime République. De son mariage en 1623 avec Geneviève Verdin, Isaac Gouret eut deux filles mortes en bas âge et deux fils :
- César Gouret, seigneur de Cranhac, né en 1626, demeurait au Bignon à Peillac. Sa fille aînée Renée, née en 1674 de son second mariage avec Marianne Guichardy, épousa le 22 mai 1689 Bertrand du Guesclin, marquis de la Roberie. César Gouret est mort dans les années 1690.
- René Gouret, sieur de Plessis, né en 1627-1628 à Paris, est décédé célibataire le 21 mars 1689 au Plessis Saint- Dolay.
HERAUT
Les Héraut étaient originaires du Béarn. Selon Philippe Le Noir de Crevain, Monsieur Héraut, "apothicaire de Madame, soeur unique de Henry 4e" fut "amené par Mr de Rohan à Blain où il fut ancien fort longtems".
Son neveu Théophile Héraut, chirurgien, épousa en Premières noces Madeleine Arnoult (+25 août 1651 à Heinlée a Plessé) puis en secondes noces le 21 décembre 1653 à Blain Gabrielle Fournier, veuve de "Mr du Lorier, médecin, fils du gouverneur de Moulins en Bourbonnais" et fille d Abraham Fournier et de Jeanne Rossel. Théophile Héraut mourut le 26 février 1663 au Roset à l'âge de 45 ans. Sans enfants de ses deux mariages Gabrielle Fournier se retira "dans l'asyle du Ponthus".
Un autre membre de cette famille, l'apothicaire Pierre Héraut avait épousé le 10 janvier 1637 à Vitré Renée Ribondy. Fille du docteur en médecine Daniel Ribondy et d'Anne Nouail, elle était née à Vitré le 23 juin 1611. Le 28 décembre 1651 le registre del'E.R. de Blain mentionne la naissance de leur fille Renée, baptisée le 31. Pierre Héraut est décédé le 3 octobre 1662 à Blain à l'âge de 45 ans .
Enfin le registre de Blain mentionne que le 13 janvier 1664 Daniel Héraut, compagnon apothicaire mourut à Nantes au faubourg de La Fosse après une maladie de cinq semaines.
LE DUC
Mathieu Le Duc, chirurgien, originaire de l'évêché de Viviers en Languedoc, depuis 18 ans "habitué" de la ville de Broons y abjura le 8 février 1665. Il épousa en premières noces le 19 mai 1672 à Broons Gilette Labbé et en secondes noces le 4 juillet 1680 à Broons Perrine Escollan.
MARTIN DE GRAND MUSSE
Paul Martin, sieur de Grand Musse, originaire de Castres en Languedoc, fils de noble homme Jacques Martin, avocat au parlement de Toulouse, et d'Esther Rougerie, était né dans les années 1650. Avec son compatriote et associé, Jean Mascarène, sieur de la Rivière, il était à Loudéac fermier des Rohan. Leur revenu était estimé à 19 000 livres par an par le marquis de La Coste, lieutenant pour le Roi en Basse-Bretagne (Sigismond Ropartz, Notes et correspondances du marquis de la Coste, Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes du Nord, tome I, 1982, p. 324).
Le 28 décembre 1681, Paul Martin de Grand Musse épousa à Vitré Marie du Boschet. Originaire du Croisic,elle était la fille de Daniel du Boschet, sieur de Kervocadec, et de Jeanne de Lespine. Sept enfants sont connus :
- Jeanne, baptisée probablement à Pontivy.
- Marie, née le 1er avril 1685 à Loudéac, fut baptisée le 29 du même mois à Cleusné.
- Louise, baptisée le 14 mai 1687 à Loudéac.
- Paul Hubert, né le 10 janvier 1668 à Loudéac, fut baptisé le 11.
- Esther, née le 18 mai 1689 à Loudéac, fut baptisée le 11.
- Jean, son frère jumeau, né le 9 mai 1689 à loudéac, fut baptisé le 11.
- Perrine, baptisée le 1er février 1691 à Loudéac, reçut l'imposition du nom le 19 avril suivant.
Paul Martin, sieur de Grand Musse, Marie du Boschet, son épouse, Jacques Martin, son frère et Marthe de La Roque, leur parente abjurèrent le 19 décembre 1685 Noyal- pontivy.
Parmi les parrains et marraines des enfants de Paul Martin de Grand Musse et de Marie du Boschet nés après la Révocation se relèvent plusieurs protestants. Ainsi Mathieu de Gennes est le parrain de Louise, Henri de Portebize, seigneur du Bois de Soulaire, l'ancien gouverneur des château et ville de Pontivy, est celui d'Esther, Jean Mascarène, sieur de la Rivière, fermier général du duché de Rohan, est celui de Jean. Marthe de La Roque, leur parente, est par procuration pour Esther Martin, soeur de Paul Martin de Grand Muce, la marraine d'Esther.
Le 14 septembre 1710, Paul Martin de Grand Musse maria sa fille aînée, Jeanne, à un huguenot de Trédaniel Donald Alexandre Gouiquet, sieur de Bienassis, fils aîné de Jean Gouiquet, sieur de Bienassis, et de Claude Duhan (cf. article).
Le 20 avril 1711, Jean Martin de Grand Musse abjura à Loudéac. Ses soeurs Marie et Esther pour leur part se réfugièrent à Jersey où elles firent acte de reconnaissance le 12 avril 1712 à Saint-Hélier. L'on peut présumer que cette déchirure intervint à la suite de la mort de leurs parents, mais les décès de ceux-ci ne sont pas mentionnés sur les registres paroissiaux de Loudéac.
Jean Martin de Grand Musse décéda le 16 septembre 1712 à l'âge de 23 ans en la communion de l'église romaine et fut inhumé le lendemain dans l'église Matrice de Loudéac. Son frère Paul abjura pour épouser le 7 janvier 1715 à Loudéac Marie Anne Petiot. Elle lui donna trois enfants : Augustin Paul (17 octobre 1715), François Hyacinthe (4 septembre 1716) et Céleste Marianne (1er janvier 1718). Paul Martin de Grand Musse décéda prématurément le 10 octobre 1719 à l'âge de 31 ans. Comme son frère il mourut dans la communion de l'église romaine et fut inhumé dans l'église Matrice de Loudéac.
Après le décès de Donald Alexandre Gouiquet en avril 1715, le Parlement de Bretagne ayant intenté une procédure tendant à donner à leurs enfants un tuteur catholique "affin qu'ils soient instruits et eslevés dans la religion catholique", Jeanne Martin de Grand Musse le 8 septembre 1715, se réfugia avec ceux-ci en Angleterre (AD I & V Bm 264; Arrêts du Parlement de Bretagne des 8 juin, 8 et 16 juillet et 17 septembre 1715 et 1er juin 1717, AD I & V; B. Vaurigaud, III, 211-213).
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