Nous avons publié dans le cahier du CGP numéro 82 du 2ème trimestre 2003, la généalogie de la famille Médard, établie par le pasteur Romane Musculus et conservée dans les collections de la BSHPF.
Par ailleurs, nous avions fait paraître dans le cahier numéro 79 du 3ème trimestre 2002, les quartiers de Jean Médard, né à Lunel en 1788, ainsi que la descendance de ce dernier, d’après les éléments fournis par Mme S. Boutet-Lagaillarde. Cette dernière nous a récemment remis des informations apportant quelques détails complémentaires sur certains points de la généalogie présentée par le pasteur Romane Musculus.
Nous les reproduisons ci-dessous.
LES LA TREMOILLE ET LE PROTESTANTISME au XVIe et au XVIIe siècle (Suite), par Jean-Luc Tulot- page 173
3. CHARLOTTE BRABANTINE DE NASSAU
Charlotte-Brabantine de Nassau, la seconde duchesse de Thouars, est un personnage a peu près inconnu. Berthre de Bournizeau dans son Histoire de Thouars est particulièrement calomnieux à son encontre : « luthérienne ; elle persécuta, toute sa vie, avec animosité et fureur, les faibles restes du catholicisme » écrit-il page 181, et renchérissant, il ajoute à la page 185 : « Cette femme altière faisait tout trembler autour d'elle », « elle persécuta les catholiques, et surtout les prêtres et les moines ». Il l'accuse notamment à la page 182, d'avoir persécuté en 1593, tous les monastères d'hommes et de filles, chassé les Dominicains et brûlé le couvent des Cordeliers. Mais voilà, tout à cette démonstration, il oublie qu’à la page précédente, il a mentionné lui-même que le mariage de Charlotte-Babantine de Nassau avec Claude de La Trémoille n'intervint qu'en 1598. Comment accuser d'un méfait commis à Thouars, une personne qui y vint seulement pour la première fois cinq ans plus tard. En 1593, elle vivait aux Provinces-Unies et n'était âgée que de 13 ans. La duchesse de La Trémoille à cette époque, comme le souligne Auguste Lièvre, n’était pas huguenote , mais la très catholique Jeanne de Montmorency qui mourut seulement en 1596.
Pourtant Charlotte-Brabantine de Nassau devrait être une figure connue des historiens du premier XVIIe siècle en raison des relations étroites qu’elle entretint, après son mariage en 1598 avec Claude de La Trémoille, avec Philippe de Mornay, sieur du Plessis-Marly, le gouverneur de Saumur. Au printemps 2001, à la bibliothèque municipale de Saint-Brieuc, nous avons découvert dans l’Histoire de la vie de Philippe de Mornay, publiée en 1647 et dans l’édition de sa correspondance pour les années 1600-1623, publiée en 1651 et 1652 , que ces deux ouvrages rapportent nombre de faits touchant la seconde duchesse de La Trémoille et son fils aîné pendant ces années.
Mais le lecteur qui aura la curiosité de feuilleter ces deux ouvrages comprendra très vite la raison de toute absence d’étude sur Charlotte-Brabantine de Nassau, elle ne s’inscrit pas dans la mythique protestante. Elle se voulait « bonne Françoise », réprouvait les irresponsables de La Rochelle et d’ailleurs , et étant hollandaise de naissance, considérait que le sort du protestantisme ne se jouait pas en France, mais dans l’Empire. Fautes impardonnables aux yeux des historiens du protestantisme en France du XIXe, XXe et XXIe siècle, qu’importe qu’elle ait soutenu les réformés de Thouars, de l’Ile-Bouchard , de Taillebourg, de Talmont, de Vitré, de Laval, de Charenton, ait échafaudé de savantes combinaisons matrimoniales pour ses nièces qui permirent de conserver à la Réforme jusqu’à la révocation de l’Edit de Nantes trois grandes familles nobles : les La Trémoille, La Rochefoucauld-Roye et Gouyon de La Moussaye, même si pour les La Trémoille ce ne fut que par les femmes : Marie de La Tour d’Auvergne, puis Emilie de Hesse-Cassel.
Par ailleurs, la découverte de la personnalité de Charlotte-Brabantine de Nassau met fin à l’habile construction historique qui fait de Duplessis-Mornay, avec sa politique de conciliation un homme seul, une figure du passé. En fait, Duplessis-Mornay avait des appuis politiques au premier rang desquels figurait la duchesse douairière de La Trémoille. Opposer une résistance passive, éviter l’affrontement, rechercher un compromis sont les modes d’expression de la majorité des femmes et l’on voit sur ce point combien la politique de Duplessis-Mornay répondait à leurs plus profondes aspirations.
Cette non conformité au mythe protestant est probablement la raison pour laquelle dans les années 1870, Paul Marchegay et Hugues Imbert ont ignoré les lettres de Charlotte-Brabantine de Nassau, leur préférant celles que lui écrivirent sa belle-mère Louise de Coligny , ses sœurs Elisabeth et Flandrine de Nassau ainsi que Catherine de Parthenay et ses fille Henriette et Anne de Rohan .
Charlotte-Brabantine de Nassau par ailleurs en raison de son appartenance à la haute noblesse et par le fait qu’elle était une femme de caractère, sachant mener son monde et sa forte personnalité, ne pouvait qu’irriter les historiens de tous poils : des thuriféraires des souverains de la branche de Bourbon, historiens postrévolutionnaires, marxistes ou de l’Ecole des Annales qui ont gommé son rôle de la scène de l’Histoire de France comme celui de tant de ses consoeurs .
Sur ce dernier point, l’on peut s’interroger sur l’accueil que réserveront les historiennes féministes à Charlotte-Brabantine de Nassau. Le fait qu’elle soit acceptée dans l’univers théorique et maîtrisé du pouvoir masculin, comme le montre les lettres que lui adressa son beau-frère le duc de Bouillon, ne la marginalise t-elle pas par rapport au reste des femmes. Sa volonté de jouer le jeu masculin du magister n’est-elle pas en fait la manifestation d’un maternel immuable et paralysant .
LES BAZALGETTE d’Ispagnac et de Saint-Laurent-de-Trèves en Gévaudan (de 1440 à nos jours), par Monique Lacroix-Balzagette- page 203
Nous présentons ici la généalogie de notre famille Bazalgette, originaire du hameau de Bazalgette dans la paroisse d’Ispagnac en Gévaudan (aujourd’hui la Lozère). Aux environs de 1500, elle s’est installée au hameau de Peyrastre, dans la paroisse de Saint-Laurent-de-Trèves (Lozère) où elle a vécu jusqu’à la fin du XIXème siècle.
Vous n’y trouverez pas de grands personnages ayant accompli de hauts faits et mené une existence fastueuse ou simplement confortable. C’est, au contraire, une suite de modestes paysans et artisans qui ont lutté pendant des siècles, pour tirer d’un sol rebelle leur modeste survivance, retournant la terre, cultivant le châtaigner, élevant les moutons. Ils ont vécu une vie rude, pénible et austère, parsemée sans doute de moments de joie simple.
Leur grande affaire, ce fut le protestantisme. Ils l’adoptèrent d’enthousiasme quand les idées de la Réforme se répandirent en Cévennes vers 1560 et ne l’abandonnèrent jamais malgré les pressions et les persécutions. Ces idées répondaient à leurs besoins spirituels et correspondaient à la vision de Dieu et du monde qu’ils se faisaient à partir de leurs montagnes cévenoles. Sans doute, au fond de leurs pauvres maisons, en butte aux rigueurs d’une vie difficile, se sentaient-ils plus proches de ce Dieu de l’Evangile qu’ils tutoyaient, que du Dieu des curés, des papes et des palais romains ! Les dragons de Louis XIV les firent plier en octobre 1685. Mais, tels le roseau de la fable, ils plièrent et ne rompirent pas. Ils revinrent rapidement au protestantisme qu’ils n’avaient jamais abjuré dans leur cœur et ne l’ont plus quitté malgré les épreuves qui leur furent imposées. C’est toujours aujourd’hui la religion de la plupart de leurs descendants.
Au milieu du XIXème siècle, notre ancêtre quitta le haut pays cévenol pour le plat pays languedocien et créa notre branche des Bazalgette de Saint-Ambroix (Gard). Le fameux ascenseur social a joué pour tous les descendants des paysans de Peyrastre qui occupent actuellement des situations, souvent enviables, dans la société française. Mais ceci est une autre histoire ! Aujourd’hui, Peyrastre est abandonné depuis longtemps. La nature a repris ses droits. Les arbres et les ronces ont envahi et submergé les modestes habitations de nos ancêtres. Pire le hameau, qui figurait sur les cartes de Cassini du XVIIIème siècle, a disparu des cartes d’état-major du XXIème siècle.
D’où vient ce nom de Bazalgette ? Aux dires de certains, ce nom viendrait de l’arabe « Baz-al-Geth » qui signifierait « l’aigle de la victoire ». Il serait celui d’un guerrier admiré et redouté de ses ennemis sarrasins qui l’auraient appelé ainsi pour souligner sa valeur. Ce vaillant soldat aurait reçu en apanage le hameau, les terres et les forêts voisines auxquels il aurait transmis son nom de Bazalgette. Cette explication est flatteuse pour notre amour-propre ! Mais nous ne revendiquons aucune parenté avec ce soldat de légende. Nous pensons tout simplement que nos ancêtres prirent le nom du lieu où ils habitaient, quand se répandit au XIIème siècle l’usage des noms de famille.
Au cours de nos recherches, nous avons rencontré trois autres familles Bazalgette originaires également d’Ispagnac. Il se peut que nos quatre familles soient issues d’une même souche très ancienne mais, à ce jour, nous n’en avons pas de preuve irréfutable.
Voici une très brève description de ces trois autres familles Bazalgette :
La première est issue d’un Pierre Bazalgette, juge en 1270 auprès du bailli d’Ispagnac. Cette famille prospéra, fut anoblie. Au début du XVIIème siècle, elle s’installe au château de Charnève près de Bourg-Saint-Andéol (Ardèche) et prend le nom de Bazalgette de Charnève. Elle s’éteint en 1880.
La deuxième est issue d’un Guillaume Bazalgette, né à Ispagnac vers 1620. Elle s’installe en 1640 à Marsillargues (Hérault) où son nom de Bazalgette se transforme en Bassaget. Cette famille protestante compte plusieurs pasteurs.
La troisième dont l’origine, actuellement connue, remonte à un Etienne Bazalgette, né à Ispagnac vers 1700. Un de ses membres fait souche en Angleterre en 1780. Elle comporte une branche française et une branche anglaise.
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Nos ancêtres Bazalgette d’Ispagnac et de St-Laurent-de-Trèves (Lozère)
ADDITIONS ET CORRECTIONS A LA GENEALOGIE BEDE, par Thierry Du Pasquier- page 210
La généalogie de la famille Bedé a été publiée dans le n° 73 (3e trimestre 2002) des Cahiers du Centre de Généalogie Protestante.
Les séries généalogiques de la Bibliothèque nationale permettent d’apporter quelques compléments : (Pièces originales 262, Dossiers bleus 79, Carrés d’Hozier 78, Cabinet d’Hozier 36, Nouveau d’Hozier 34.)
FOND DE GENEALOGIE ETAT DES DOCUMENTS CONSERVES A LA BSHPF- page 217
Nous publions la suite de l’état des documents conservés à la Bibliothèque de la SHPF depuis la création en 1979 du fonds consacré à la généalogie, paru dans le cahier n°49 du premier trimestre 1995, le n°51 du troisième trimestre 1995, le n°53 du premier trimestre 1996, le n°56 du quatrième trimestre 1996, le n°60 du quatrième trimestre 1997, le n°71 du troisième trimestre 2000, le n°74 du deuxième trimestre 2001, le n°78 du deuxième trimestre 2002, le n°80 du quatrième trimestre 2002, le n°81 du premier trimestre 2003, le n°82 du deuxième trimestre 2003 et le n°83 du troisième trimestre 2003.
Ces documents de toute nature, manuscrits, imprimés, sont archivés dans des cartons classés selon l’initiale du nom de famille concerné précédé de la lettre G et du numéro de la liasse.