Assistance et solidarité communautaire dans l’Église réformée française de Francfort (1561-1577)
Alors que le Conseil de Francfort proclame la fermeture de l’Église réformée française en mars 1561, les registres de compte de la diaconie mettent en lumière l’investissement des diacres pour que subsiste dans la ville une structure ecclésiastique et charitable. L’organisme d’assistance, essentiel pour pallier la condition d’incertitude à laquelle font face les étrangers, devient un outil de leur insertion au sein du tissu urbain ; il garantit en effet la cohésion morale et sociale du groupe, et protège de ce fait leur réputation ainsi que leurs relations avec les autres habitants de la ville et les autorités civiles. Tandis qu’il contribue à la construction de liens de dépendance économique et de relations de confiance entre les réfugiés, il assure aussi le renforcement du lien communautaire et garantit la survie du groupe en dépit de sa situation de marginalité.