Huguenots et anabaptistes, à la rencontre de deux mémoires
Cet article présente trois lieux de rencontre entre anabaptistes d’origine suisse et les réformés. Le premier lieu rappelle le schisme douloureux de 1525 entre le réformateur Zwingli et de jeunes adeptes zurichois et autres qui deviendront « anabaptistes » à cause de leurs convictions sur le baptême, le lien entre l’Église et l’État et une éthique du sermon sur la montagne. Le deuxième lieu se situe à Sainte-Marie-aux-Mines au XVIIe siècle, où anabaptistes et huguenots coexistèrent dès le XVIe siècle. Cette ville a connu une cohabitation plutôt paisible entre quatre confessions différentes jusqu’à vers la fin du siècle. La pression de la Révocation produisait à la fois l’arrivée de réfugiés huguenots et des départs vers la Suisse et ailleurs. Le renouvellement des persécutions d’anabaptistes par les cantons de Zurich et de Berne ont attiré des anabaptistes suisses à Sainte-Marie. Les tensions concernant la possibilité de relations entre anabaptistes et réformés ont abouti au schisme « amish » parmi les anabaptistes en 1693. Le troisième lieu de rencontre s’est déroulé au Grossmünster de Zurich, le 29 mai 2025 lors d’un culte de la Conférence mennonite mondiale. La liturgie comportaient des éléments et des signes visibles des dialogues récents entre mennonites, catholiques, luthériens et réformés.